\ 2022 /
COMMENTAIRE
La musique d’un court métrage est différente d’un morceau de musique d’un album, d’un EP ou d’une compilation. Elle n’est pas composée par uniquement d’une inspiration ou une idée que nous avons en tête, elle doit aussi coller à l’image, à l’émotion diffusé, à la couleur de l’image, aux genres et aux thèmes du film.
Dans le cas de ce court métrage, la musique a un rôle encore plus important pour une raison bien précise : il n’y a pas de dialogue. Diffusant 5 personnes différentes à l’image, la musique doit être capable de correspondre à l’image et à l’émotion dégagée par les personnages et par l’expérience vécue. Cela ne peut pas être raté et la musique ne peut pas correspondre à une autre émotion sinon cela serait un échec.
Inspiré de musiques comme Motion de Rone, l’objectif était d’avoir une musique électro-orchestrale évolutive, qui évolue dans le temps pour devenir de plus en plus forte en énergie, en émotions et en instruments. Une dernière volonté a été ajoutée de la part de la réalisatrice : être capable de garder la même mélodie principale avec 2/3 mêmes instruments et de la faire coller aux différentes émotions des scènes. Les musiques devaient toutes êtres différentes tout en gardant la même ligne mélodique principale.
La mélodie principale est jouée au piano, instrument capable aussi bien d’être chaleureux, joyeux et aussi bien triste et dépressif. Le contraste peut donc être important juste avec un seul instrument. Autour de ces quelques notes de piano, chaque thème sont développés et embellis pour matcher avec les scènes.
1 – La peur : La peur a une forte présence d’instruments à cordes et d’instruments orchestraux permettant d’être rêche sur les attaques, d’avoir un aspect grinçant et irritant qui peut surprendre et effrayer. Des notes de violons reprenant le rythme de musiques comme Psychose d’Alfred Hitchcock. L’aspect rythmique est aussi très important dans ce passage avec un jeu très important de la spatialisation des tambours électronique (TR606) et acoustique (Timbales). Cela rend le résultat beaucoup plus agressif et stressant.
2 – La joie : La joie est inspirée de sonorité comme Tame Impala : très liquide (avec beaucoup de Reverb, de délais et d’effets de stéréo), posée, qui a plus un rôle de « vibe » et d’accompagnement du mouvement et de la dance. Ce passage est beaucoup plus un accompagnement auditif qu’une musique à part entière. Des guitares très liquides, une basse jouant la mélodie principale avec des petits accents d’orgues permettant de se rapprocher d’un genre plus surf. Le tout gardant toujours la mélodie principale du piano.
3 – Le dégoût : Le dégoût peut vite se rapprocher d’une sensation comme la peur, c’est pour ça que le choix des instruments est très important. Ayant une colorimétrie plus verte et se passant dans une forêt, je me suis inspiré de mélodies faisant penser à la jungle avec une rythmique très dynamique venant de bongos et d’un xylophone alternant entre 2 octaves. Des synthés flottants (des nappes) caractérisés par un travail important sur les tremolos ont été désaccordé afin de donner un caractère beaucoup plus gênant, crispant et peu agréable. L’ensemble donne une ambiance très nauséeuse.
4 – La liberté : La liberté est typique de musique de films. Un orchestre de cordes, de cuivres et de bois est présent pour donner un côté chaleureux, aérien et épique à la scène. Des chœurs sont placés en arrière plans afin de donner la sensation que des cris de libertés sont dégagés. Enfin, des accentuations faites par des montées de cymbales permettent de donner toujours plus d’énergie à chaque partie pour rendre le moment toujours plus épique.
La Fin, l’Outro, se finie sur la mélodie principale au ralentie, qui se termine sur 3 notes de piano aiguë permettant de souligner la révélation de la fin du court métrage et permettant de finir sur une pointe de satisfaction.
C’est ainsi que tous les instruments ont pu réaliser un objectif précis : faire passer le spectateur par toutes les émotions.
INSTRUMENTS
Bass : Fender 50’s Precision Bass
Guitar : Cort 70’s guitar / Gretsch Electromatic E5502
Amp : Headrush Gigboard
Percussion : Addictive drums 2 / Spitfire Audio Orchestra BBC Orchestra Lite / Spitfire Audio Labs / Bedroom Producer Blog Casssette 606, 808, 909
Synthé : Arturia Analog Labs 5 / Native Instruments Ethernal Earth / Spitfire Audio Labs
Orchestre : Spitfire Audio Orchestra BBC Orchestra Lite / Arturia Augmented Strings Intro
Piano : Arturia Keylab Essential 88 / Bitsonic Keyzone Classic
Logiciel : Steinberg Cubase Elements 11
CRÉDITS :
Réalisateur / Director : Juliette COMBOT
Acteurs / Actors : Théo GRANDGIRARD / Loïc HENRY / Elise ANCEL / Lucie DUPUY / Arthur PICARD
Scénariste, réalisateur et monteuse / Scripted, directed and editor : Juliette COMBOT
Cadreurs / Camera Operators : Louis FREUND / Juliette COMBOT
Technicien Son / Sound Technicians : Arthur PICARD / Yohann LATOUR
Sound Mixer / Mixeuse Son : Marie BRAMORSKI-MANFROI
Music Composer / Compositeur : Angus Mangel
